Etude du code : vos avis !

Après vous avoir demandé « Etude du code : quelle progression ? » qui faisait suite à mes interrogations sur les recommandations lues ou entendues ici-et-là pour accélérer l’apprentissage des sons en période 1 du CP, j’ai reçu à ce jour plus de 50 commentaires très fournis qui m’ont permis de dresser un tableau de vos avis, souhaits et projections dans ce domaine. Retour sur cette semaine de débat très riche…

Je commencerai par vous remercier pour votre participation à ce petit « sondage » ! J’ai pu relever chacun de vos avis et en faire une synthèse qui, je l’espère, vous semblera fidèle aux commentaires lus.

Voici les principales remarques observées :
  • Les remarques sur le manuel de code Pilotis :

– Les collègues qui ont choisi Pilotis débutent souvent l’année par une ou deux semaines avec les Alphas.

– On peut avancer plus vite sur les sons voyelles que ne le propose le manuel : un jour par son voyelle au lieu de deux.

– Les sons [é] et [m] sont étudiés dès la fin de la période 1 par de nombreux collègues, ce qui fait 11 sons étudiés.

– La première année avec Pilotis, on avance plus lentement  : jusqu’au son [l] en période 1.

– Les sons fréquents [t] et [b] arrivent trop tard dans la progression des sons de Pilotis.

– On ressent une difficulté à gérer l’hétérogénéité avec Pilotis : la progression avance trop vite pour les élèves fragiles mais faut-il ralentir le rythme pour autant ?

– Il faut prévoir beaucoup de travail en autonomie pour les enfants lecteurs (2 ou 3 élèves par classe).

– Dans l’ensemble, les collègues qui ont choisi Pilotis en sont satisfaits, mais ils adaptent un peu la progression ; une collègue au moins souhaite changer de manuel car la progression des sons est trop lente.

  • Les collègues qui travaillent avec d’autres méthodes que Pilotis avancent généralement plus vite et étudient plus de sons en période 1 : La planète des Alphas (sons voyelles + toutes les consonnes longues), Bulle, Taoki, Trampoline, En route vers la lecture, …

Après avoir lu tous vos commentaires, il en ressort ce problème généralement ressenti dans toutes les classes et quelle que soit la méthode choisie de la gestion de l’hétérogénéité. Dans chaque classe d’environ 25 élèves, il y aurait environ 2 à 3 élèves très fragiles et 2 à 3 élèves lecteurs en début d’année.

Le manuel de code Pilotis a été créé en 2013 et, dans son avant-propos, on peut lire : « Pilotis est une méthode adaptée à TOUS les élèves, qui a pour but la réussite de TOUS. » D’où une progression assez lente en début d’année. Je pense que chacun peut cependant adapter la progression à sa classe : en étudiant a, i/y, o, e, u en un jour puis les sons consonnes s, l, r, ch en deux jours, on peut si on le souhaite avancer très rapidement avec Pilotis.

Je suis arrivée en fin de période 1 à la révision de fin de période et cette progression me convient assez bien mais je pense adopter une progression plus rapide l’an prochain car j’ai pu ressentir durant le premier mois une attente et une impatience chez les enfants les plus à l’aise. Pourtant, les plus fragiles ont besoin de temps, mais avec peu de sons, on peut proposer beaucoup moins de jeux ou d’exercices de lecture, d’écriture de syllabes ou de mots à encoder.

Mais si j’ai choisi Pilotis, c’était aussi pour la partie compréhension très intéressante qui venait compléter l’étude du code. Le matin, nous étudions les sons et 2 fois par semaine en période 1, puis 3 fois par semaine à partir de la Toussaint, nous étudions un album. La lecture compréhension permet à tous les enfants les plus avancés de lire des textes, et les plus fragiles travaillent en compréhension orale avec le premier album en lecture offerte.

Je réalise, années après années, que cette proposition est celle qui me convient le mieux : l’étude du code étant indépendante de la compréhension, je suis libre de choisir de nouveaux albums et d’adapter ce choix à ma classe et aux projets de l’année. Je peux aussi choisir un rythme plus lent ou plus soutenu en étude du code.

Si je ne suis pas fan des textes de Taoki, Léo et Léa ou Lecture Tout Terrain, j’aimerais que les phrases ou les textes du manuel de code Pilotis soient plus captivants mais avec les consonnes longues étudiées en période 1 (s, l, r, ch), il est difficile de faire mieux. Peut-être l’introduction de consonnes plus fréquentes comme [t], [p] et [b] permettraient-elles d’autres possibilités ?

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de très agréables et reposantes vacances d’automne !

14 pensées sur “Etude du code : vos avis !

  • 21 octobre 2017 à 18:42
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    Merci Chat noir pour cette synthèse. Je suis Pilotis encore cette année et j’ai fini la période 1 sur le CH avec des enfants épuisés qui n’auraient pas tous pu aller beaucoup plus vite. Ce rythme permet aussi de faire de l’étude de la langue, du vocabulaire, de l’écriture et les exercices. Je vais essayer de faire le t plus tôt, après le é et le m en novembre. Car je fais mes fiches de lecture et d’exercices. Je te dirai ce que cela donne. Et peut-être aussi de mettre en place des ateliers pour permettre à tous d’avancer différemment. En attendant, bonnes vacances à toi aussi et merci pour les mots croisés Pilotis.

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  • 21 octobre 2017 à 21:14
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    Bravo pour cette synthèse intéressante. Je confirme que l’utilisation des alphas en début d’année permet de voir rapidement les sons voyelles en incluant le é et le è. Pour ma part, j’ai étudié les sons consonnes [f] et [m] dans la foulée avant de reprendre la progression de Pilotis. Nous avons terminé la période 1 avec le son é et sur les pages portant sur le m et le f en révision. Je n’avais pas pris conscience de l’éloignement de l’étude du son [t] dans Pilotis. Ta synthèse va me permettre d’y remédier. Encore merci pour tout ce partage et pour la qualité de tes productions.

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  • 22 octobre 2017 à 09:34
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    Cc chat noir!
    Merci pour ce retour bilan. Je pense aussi adapter l an prochain 1 son voyelle par jour.

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  • 22 octobre 2017 à 10:26
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    Bonjour,
    Je n’utilise aucune des méthodes analysées. Il s’agit de « A l’école des albums 2 ». Je la trouve complète, tant sur le plan de l’étude des sons que sur le plan de la compréhension de texte. La place de l’écrit est importante. Nous étudions 1 son en 2 jours, selon l’ordre du manuel. Le premier jour est consacré à l’étude orale du son et le deuxième jour à l’étude écrite du son. Je trouve cela logique, mais peut-être n’ai-je pas assez d’expérience au CP pour pouvoir l’analyser (c’est ma deuxième rentrée avec un CP/CE1).
    Le double niveau n’est pas toujours facile à gérer et pour la première période nous en sommes à l’étude de 10 sons : a, i, r, k (c, qu), o (o, au), m, l, oi, t, v. Je trouve cela déjà bien copieux. Il y a dans ma classe, comme dans les vôtres, différents niveaux de lecteurs (en plus du double niveau). La difficulté de ma classe cette année, est que personne n’est moteur réellement, ni au CP, ni au CE1. Il faut tirer tout le monde et c’est épuisant. J’espère que la deuxième période verra des enfants un peu plus autonomes « réclamer » du travail pour booster l’ensemble du groupe. Je trouve très intéressant d’échanger autour des méthodes de lecture.
    Cela devrait être fait dans toutes les circonscriptions pour aider les enseignants à choisir leur méthode et surtout à échanger des outils. Les conseillers pédagogiques devraient faire ce que tu as fait sur ton blog, non ? Merci pour ce travail remarquable, en plus de ton travail de classe. Merci pour ton enthousiasme à partager et à créer ! Vous nous aider drôlement au quotidien, vous les enseignants-blogueurs ! MERCI

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    • 27 octobre 2017 à 14:21
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      J’utilise également à L’école des albums 2, et j’en suis ravie. Deuxième année avec cette méthode, et on n’avance bien. Je suis en complète adéquation avec ce que vous venez de dire Kerlen !
      Et oui, je confirme un grand merci aux collègues-blogeurs, je me demande comment vous trouvez le temps de faire tout ceci en plus de votre classe et de votre vie privée ! Chapeau !

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      • 27 octobre 2017 à 14:22
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        et on avance bien !
        gloups ! pardon pour cette grossière erreur…

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  • 22 octobre 2017 à 10:27
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    Pour ma part , j’ai quitté pilotis pour tester taoki ( pour avoir un fil conducteur avec des personnages que l’on retrouve ts les jours, et parce que mes livres étaient ds un triste état… il fallait les renouveler) .. personnellement, je ne peux suivre la progression rapide proposée par Taoki, on commence beaucoup trop tôt la lecture de syllabes en quantité , … bref cela va trop vite alors Que j’ai bcp d’enfants qui n’entendent pas les sons ds la chaîne parlée, d’autres en revanche savent décoder ts les sons sans problème !! Donc, quelque soit la méthode, il faut adapter face à un public de plus en plus hétérogène ! Pour la majorité , je reprends donc des exercices du fichier pilotis , pour les lecteurs , j’utilise celui de Taoki, ou je propose un travail questions réponses personnel…

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  • 22 octobre 2017 à 11:50
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    Merci pour le retour! Je vais me renseigner sur la méthode piano que je ne connais pas.

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  • 22 octobre 2017 à 21:22
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    Hé hé Chatnoir, je vois que tu es prête pour la 2e éditions de Pilotis, avec une 2e série d’albums pour la partie compréhension pour les classes double niveau ! Si tu te lances, je change d’avis et je garde encore Pilotis en adaptant selon tes conseils pour accélérer le rythme, ce qui conviendrait mieux à mon profil majoritaire d’élèves !
    Merci pour cette synthèse !

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  • 25 octobre 2017 à 22:19
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    Très bonne synthèse 🙂
    Pour avoir eu 6 ans de Taoki (l’un des premiers manuels à tendance syllabique) il était difficile de tout faire, surtout le 2ème jour avec le texte (très long à partir de janvier). Surtout en double ou triple niveaux !
    Ce que j’apprécie avec Pilotis c’est que l’on a plus de temps pour approfondir, jouer, manipuler avec les sons, les syllabes, c’est appréciable. Et comme toi, le coté compréhension à part, je mets un créneau par semaine de 45 min à 1h l’après midi.
    Je n’utilise pas les alphas avant mais je les introduit au fur et à mesure en même temps que la découverte du nouveau son, et je lis l’histoire 😉

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  • 28 octobre 2017 à 22:01
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    Bonjour chat noir. Pour ma collègue et moi (2 CP dans l’école), nous avons poursuivi les alphas commencés avec les maitresses de GS. On avance vite dans les sons voyelles (les 10 premiers jours de la rentrée) puis nous faisons 2 sons consonnes  » longues » par semaine. Tous les matins dans ma classe j’ai un rituel avec les petits personnages des alphas (devinettes sur l’alpha, sur son nom, son chant….) puis décodage des syllabes chacun à son tour avec les alphas (donc sons étudiés). Les élèves adorent. Le jeu est dans le sens consonne-voyelle et également voyelle-consonne lorsque c’est possible. Très rapidement les enfants demandent pourquoi on ne fait pas à l’envers pour les m, n et je leur explique qu’avec certaines consonnes, l’inversion donne des phonèmes complexes. En parallèle nous étudions un album à structure répétitive (cela permet de travailler sur la compréhension de ce qui est lu). Cette année nous partons dans le monde de Mario Ramos et le premier vu est « tout en haut » où nous découvrons des sons complexes. Ces sons sont écrits sur une feuille blanche avec une référence dessin et un mot référent. Ils seront étudiés plus en profondeur dans l’année. En fin de période 1, nous avons donc étudié: les voyelles, les consonnes « longues » (f, m, l, r, j ,s, n, v, z, ch). En période 2 nous étudierons les consonnes « courtes » (p, d, c/k/qu, t, b, g) ainsi que des sons complexes que nous découvrirons dans notre second album « le roi, sa femme et le petit prince » toujours de Mario Ramos (in, é=ez,er, oi, on, br/cr/dr/gr/pr/tr/vr, ai/è/ê). Voilà pour notre expérience d’enseignantes de CP.
    Merci pour vos partages et vos découvertes.

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  • 29 octobre 2017 à 20:33
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    Bonjour!
    J’utilise la méthode « Lire, dire, écrire avec Ludo ». J’ai commencé par les alphas en 3 jours puis j’ai vu un son par semaine. je suis arrivée au « v »; du coup j’ai un son en retard selon la programmation prévue.
    comme cette méthode « colle » à la réalité vécue par les enfants, je suis obligée pour la 2è période de changer la programmation afin d’étudier en temps voulu les textes qui parlent de Noël. Je ne pourrais pas aller plus vite: les élèves ont du mal à relier sons et graphèmes, à retenir l’écriture des graphèmes, à lire les syllabes rapidement. Si j’allais plus vite, je perdrais la moitié de ma classe sinon plus. En outre, cette méthode réunit le lire, le dire et l’écrire: il s’agit d’un travail très complet sur la langue. Il n’ y a pas que le déchiffrer qui compte! A la fin de l’année, tout le monde s’y retrouve et rien n’empêche les élèves les plus performants de poser de bonnes questions et de lire tous les sons rapidement.
    Merci pour tes questionnements qui nous font réfléchir à nos pratiques!
    Sabine

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  • 4 novembre 2017 à 23:36
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    Merci pour cette passionnante revue de détails concernant Pilotis « apprentissage du code ».
    Merci également à tous les contributeurs qui approfondissent par leurs commentaires la réflexion engagée.
    Je suis d’accord avec toi sur le fait que l’introduction des sons t et d arrive un peu tard. Personnellement j’ai décroché l’apprentissage du code d’un manuel pour éviter les décalages thématiques ou autres et je propose essentiellement des fiches d’entrainement pour décodage et encodage.

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