Les contes de randonnée

Dès janvier, nous étudierons l’album d’Eric Battut, Veux-tu être mon ami ? que l’on peut exploiter à travers son thème central, celui de l’amitié. Sur mon site, je vous propose déjà une sélection d’albums autour de ce thème : Les albums de l’amitié. Mais, cette année, j’ai eu envie de m’intéresser davantage à la structure de cette histoire, qui est celle d’un conte de randonnée.

Le conte de randonnée

Ce qui le caractérise, c’est un personnage central et un élément déclencheur posant un problème à résoudre : ici, Souris Verte est différente des souris grises, et se retrouve donc seule ; elle va partir à la recherche d’un ami de la même couleur qu’elle, pensant que cela résoudra son problème. Se faisant, elle fera des rencontres successives et, enfin, son problème trouvera une solution. Le conte de randonnée est aussi caractérisé par une « formulette » qui le rapproche de la chanson ou du jeu. Dans notre album, la petite formule qui se répète est : « Veux-tu être mon ami ? » d’où le titre.

Mais certains contes peuvent avoir une structure cumulative, où les personnages s’ajoutent les uns aux autres, et symétrique : après avoir rencontré tous les personnages, le conte se « défait » dans l’autre sens et à toute vitesse. C’est le cas du conte Le petit cochon têtu.

Ces histoires sont très intéressantes à étudier en GS et CP, car elles correspondent bien à la psychologie des enfants de cet âge qui aiment répéter les « formulettes » comme un jeu. Leur structure est très satisfaisante pour l’esprit, elle aide à mémoriser l’ensemble du conte, les personnages se présentant souvent dans un ordre donné, du plus petit au plus grand, du plus faible au plus puissant, comme dans La plus mignonne des petites souris.

Le conte aide à comprendre le monde et les interactions entre les êtres ; le dialogue y tient une place importante et l’enfant entrevoit l’importance du langage oral et de la communication pour résoudre un problème que l’on est rarement seul à pouvoir solutionner. Il comprend aussi qu’aller voir ailleurs et rencontrer l’autre, c’est oser vivre.

Si j’ai choisi ces contes, c’est aussi que j’adore les partager avec mes élèves ! Il est si agréable de lire et dire les formules « magiques » qui font que le conte devient leur histoire, une aventure à laquelle ils participent dès lors qu’ils en comprennent la structure, et qu’ils ont le sentiment de construire à leur tour.

D’ailleurs, l’écriture d’un conte à structure cumulative est l’un des prolongements possibles à ces lectures offertes. Dans le coin bibliothèque de ma classe, où nous nous regroupons pour la lecture offerte, j’affiche un grand tableau à double entrée où nous notons, au fur et à mesure de nos lectures, les caractéristiques de chaque conte. Ce tableau servira ensuite de référent à notre projet d’écriture d’un conte à structure cumulative.

Mes contes en randonnée préférés

Je vous propose une liste non exhaustive mais j’ai choisi les albums que je lirai dans ma classe en janvier. Et tout d’abord, Veux-tu être mon ami ? et deux contes très proches par leur structure et leur thématique : Musette Souricette, que nous connaissons bien pour l’avoir exploité en arts visuels et l’album d’Eric Carle, La souris qui cherche un ami.

Ici, comme nous l’avons vu, les rencontres se succèdent et l’on y apprend mille façon de dire non !

  

Avec Bon appétit ! Monsieur Lapin de Claude Boujon, puis La grenouille à grande bouche, le personnage principal s’informe sur les menus de ses voisins et prend le risque de finir en rôti, mais l’histoire se termine bien. Une bonne leçon pour les petits curieux !

 

L’histoire se termine beaucoup moins bien dans Roule galetteet La souris qui cherchait un mari, puisque l’un comme l’autre se feront dévorer à la fin, victime de leur naïveté ou de leurs rêves.

 

En parlant de confiance en soi, voici notre ami le loup qui parade en forêt, dans C’est moi le plus beau et C’est moi le plus fort, où il se croit le maître des lieux, rencontrant successivement divers personnages de contes, tous morts de peur, il finit par trouver plus fort que lui en la personne d’une maman dragon : de quoi lui « rabattre le caquet », et ça, les enfants adorent !

Dans Le petit Chaperon qui n’était pas rouge, on tremble pour ce Petit Chaperon bleu qui ne craint personne… et offre le contenu de son panier à tous les animaux qu’il rencontre, jusqu’à ce petit lapin qui le suit chez sa grand-mère pour obtenir quelques choux. Finira-t-il en ragoût ? Dévorera-t-il la grand-mère ? C’est à nous de choisir la fin, ou d’en inventer une autre ! Un album très original et très drôle qui pourra nous introduire au pays des Petits Chaperons de toutes les couleurs que nous visiterons en période 4.

 

Le loup est revenu et Je suis revenu ! sont des contes où les personnages s’accumulent jusqu’à l’heureux dénouement de l’histoire. Ils permettent également de revoir avec plaisir tous nos contes traditionnels.

La moufle et Le bonnet rouge sont aussi des contes à structure cumulative : les personnages s’ajoutent les uns aux autres, dans un ordre déterminé, du plus petit au  plus grand et le conte se défait rapidement lorsque tous les personnages s’enfuient. Les enfants adorent participer au récit en énonçant dans l’ordre la liste des personnages emprisonnés dans le bonnet ou la moufle.

 

Le P’tit Bonhomme des Bois nous invite à énumérer des personnages dans un ordre bien précis. Les illustrations sont superbes, dans cette collection et La grosse faim de P’tit Bonhomme peut introduire une intéressante étude sur la fabrication du pain.

Voici l’un de mes contes préférés : Le petit cochon têtu est un conte de randonnée que vos élèves adoreront raconter à l’aide des images des personnages à afficher en ordre. Cette structure symétrique se retrouve dans Le bonhomme pain d’épice qui a inspiré Roule galette J’ai consacré tout un article à ce petit cochon têtu ici :

 

Le petit cochon têtu

Je viens aussi de consacrer un article à l’album Le grand voyage du petit mille-pattes, un conte de randonnée inspiré de La plus mignonne des petites souris, un album du Père Castor où le héros part à la recherche du plus puissant personnage du monde et rencontre, tour à tour, le soleil, le nuage, le vent, le mur… une très belle histoire dont la leçon nous enseigne la modestie puisque le plus puissant personnage du monde s’avère être un humble souriceau. Vous retrouverez l’étude de cet album en cliquant sur l’image :

 

Le grand voyage du petit mille-pattes

Voici deux albums que j’adore : La maison à dormir debout et Par une sombre nuit de tempête, découvert en période 1 sur le thème de la peur. La structure cumulative permet de renouer avec la tradition orale, comme dans tous ces contes de randonnée que je viens de vous proposer, et les enfants sont rapidement capables de mémoriser des pages entières de ces deux livres extrêmement bien construits et superbement illustrés. Je vous les conseille car ce sont des modèles du genre !

Chez Didier Jeunesse, il y a une très belle collection de contes, la collection A petits petons, où vous trouverez des contes traditionnels de tous les pays très joliment illustrés, comme Le petit cochon têtu, Quel radis dis donc ! et Les deux maisons. Pour chaque album, il existe une édition cartonnée et une édition souple en plus petit format à 5 €, un prix raisonnable si l’on veut acheter des albums pour sa classe.

J’espère que ces contes en randonnée, à dire et redire, raviront vos élèves et, en prolongement de ce parcours littéraire, je vous propose un travail d’écriture dans l’article Ecrire un conte de randonnée. A vos crayons !

Une pensée sur “Les contes de randonnée

  • 2 janvier 2017 à 17:34
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    Très pertinent comme d’habitude! Merci pour ces pistes de travail!

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