L’étude du code à la rentrée en CP

L’étude du code est le domaine où l’on va passer le plus de temps en période 1 du CP, celui où l’on va poser les bases de la lecture, apprendre à « déchiffrer » ou « décoder », comprendre le code alphabétique, savoir le lire et l’écrire. Car l’étude du code est liée à l’écriture : on lit ce qu’on écrit, on écrit ce qu’on lit.

La mise en route du CP repose sur une vision claire de nos objectifs fondamentaux et l’étude du code en fait partie. Voyage vers le monde des « petits signes noirs » que sont les lettres…

Si j’ai choisi le manuel Pilotis à sa parution en 2013, c’est parce qu’il représentait une belle rencontre avec une méthode claire, structurée et dynamique, telle que j’essayais de la pratiquer depuis plusieurs années déjà. D’un côté, l’étude du code basée sur une démarche syllabique et la pratique quotidienne de la combinatoire ; de l’autre, la compréhension d’albums qui apporte la culture nécessaire à une bonne maîtrise de notre langue si belle et si complexe.

Mais, comme je le pratiquais déjà dans mes classes de CP, cette compréhension est basée sur la langue orale dans un premier temps, afin que les enfants ne soient pas obligés de mémoriser des phrases ou des textes comme on récite un poème. A la rentrée, et tout au long des périodes 1 et 2, c’est donc l’étude du code qui est la base de l’apprentissage de la lecture et je lui réserve le temps nécessaire.

Expliquer notre démarche aux parents

Pour que les enfants apprennent à lire au CP, nous avons besoin des parents et nous devons leur expliquer clairement notre démarche en lecture afin qu’ils aident leur enfant, chaque soir pendant au moins 20 minutes, à relire la leçon du jour. En réunion d’information de la rentrée, je passe le temps qu’il faut à développer cette méthode afin de les rassurer et de répondre à leurs doutes.

Comme je l’explique dans l’article sur Les premières leçons de lecture, les trois premières leçons où l’on étudie les sons [a], [i] et [o] et leurs graphèmes a, i/y, o, ne posent pas de problèmes particuliers puisqu’elles sont souvent une révision des sons voyelles étudiés en GS. On prend alors le temps de revoir ou poser les bases de l’apprentissage de la lecture :

  • Se repérer dans la page du manuel ou du fichier d’exercice (en haut, en bas, à droite, à gauche, sur, sous, au-dessus de, en dessous de,…) ;
  • Intégrer le sens de la lecture et de l’écriture de gauche à droite ;
  • Comprendre les consignes (colorie, entoure, coche, relie, colle,…) ;
  • Dénombrer les syllabes d’un mot et repérer le son étudié parmi ces syllabes ;
  • Repérer rimes et syllabes d’attaque ;
  • Mémoriser les mots des leçons et associer ces mots à des images mentales ;
  • Distinguer le nom et le son de la lettre et comprendre que lire n’est pas deviner.

Les enfants vont être rassurés par ces exercices quotidiens car bien des activités leur rappelleront ce qu’ils ont fait en maternelle et leur feront prendre conscience qu’ils savent déjà « plein de choses » !

A partir de la quatrième leçon, où le premier son consonne est étudié, on introduit la « combinatoire », le « B-A BA » mais aussi la mémorisation de quelques mots outils indispensables à la lecture de petites phrases.

Les parents d’élèves à qui l’on présente la démarche en lecture ont parfois du mal à comprendre pourquoi l’on doit apprendre ces mots « par cœur » (un petit cœur dans le manuel aide les élèves à repérer ces mots), ils trouvent que cela entre en contradiction avec une démarche syllabique où l’enfant ne doit faire que déchiffrer des mots.

Je leur explique que la langue française regorge de ces complexités qui font que tous les mots ne sont pas déchiffrables (est, c’est, les, des, …) avant la fin de l’année car la progression des sons va du plus simple au plus complexe, et que s’il fallait attendre mai-juin pour lire la plupart des phrases, les enfants se démotiveraient rapidement.

Ces petits mots appris par cœur nous aident à lire très vite des phrases et de courts textes chargés de sens, ce qui engage un aller-et-retour entre décodage et compréhension. On constate ce phénomène « d’aller-et-retour » quand les enfants ont plus de mal à déchiffrer les syllabes que les mots ou les phrases, car ces derniers ont un sens et que ce sens aide aussi à lire, tandis que les syllabes ne constituent pas des unités de sens.

La démarche en classe

En période 1, comme le conseille le guide pédagogique, je consacre deux jours à l’étude d’un son voyelle et trois jours à l’étude d’un son consonne :

  • Le premier jour est dédié à la correspondance entre le phonème et le graphème où l’on découvre le son, classe des images dans la maison de son, étudie le geste Borel-Maisonny, et s’entraîne à écrire le graphème. C’est aussi, dans le manuel Pilotis, l’occasion de revoir ou d’acquérir un lexique en relation avec le son appris. Ce lexique nous sera ensuite utile pour effectuer tous les exercices de phonologie du cahier d’exercices, mais aussi des exercices de vocabulaire sur la notion de champ sémantique, dans un premier temps. Personnellement, j’ai pu constater à quel point la « maison du son » était utile lorsque nous accueillons des enfants allophones, ou des élèves ayant un tout petit capital de mots. A la maison, les enfants revoient cette maison : ce n’est pas un exercice de lecture en début d’année, mais bien un travail de vocabulaire où l’on essaie, à l’aide de l’illustration, de se rappeler le mot pour la désigner.
  • Le second jour est consacré à la combinatoire où l’on forme les syllabes à l’aide des sons consonnes et voyelles déjà étudiés : on peut manipuler les cartes-sons, faire des dictées de syllabes sur l’ardoise et lire la page de gauche du manuel en commençant par les syllabes.
  • Le troisième jour est celui où l’on peut composer des mots, lire des phrases ou de petites histoires, et découvrir les mots et les phrases de la page de gauche. J’insiste ici davantage sur la mémorisation des mots outils.

Si tout se passe bien, après deux ou trois semaines, les enfants ont à relire :

  • le manuel, page de gauche, le premier jour ;
  • le manuel, page de droite, le deuxième jour ;
  • la fiche de son le troisième jour : sur cette fiche, il n’y a plus les aides des arcs syllabiques pour déchiffrer.

Je vous propose maintenant ma fiche de préparation en étude du code pour la période 1. Vous verrez que j’utilise des outils qui viennent compléter Pilotis :

  • 30 phonèmes en 30 chansons, chez Retz pour la découverte du son ;
  • 70 activités pour un apprentissage efficace de la lecture, chez Retz ;
  • La planète des Alphas, chez Récréalire pour aider à la mémorisation de la correspondance lettre-son ;
  • L’abécédaire à construire, chez Maternailes pour repérer et mémoriser les 4 écritures de la lettre.

Tous les autres supports, comme Le mot et l’image, Les cartes-sons, Les affiches des sons et Les fiches de sons sont disponibles sur mon blog.

Préparations en étude du code en période 1

Et, bien sûr, je vous souhaite une agréable rentrée avec vos nouveaux élèves de CP !

9 pensées sur “L’étude du code à la rentrée en CP

  • 30 août 2017 à 12:48
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    un grand merci pour ce travail! je débute en CP et ça m’aide beaucoup!! Bonne rentrée!

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  • 30 août 2017 à 13:07
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    Merci Chat Noir pour tout ce partage !
    Qu’est-ce qui est primordial comme achats dans la méthode Pilotis pour travailler le code ?
    Est-ce que les albums élèves sont nécessaires?

    J’envisage de travailler avec cela en IME avec des élèves de 6 à 12 ans. Il faut que les supports ne soient pas trop enfantins…

    MERCI beaucoup !

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    • 30 août 2017 à 15:17
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      Pour le code, je pense qu’il faut un manuel par élève et un cahier d’exercices (fichier).
      Je ne pourrais pas te dire si c’est trop enfantin pour des enfants de 12 ans mais les albums, oui certainement.
      Peut-être devras-tu chercher d’autres albums mais le code est indépendant donc c’est possible.

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  • 30 août 2017 à 15:57
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    Merci beaucoup pour cet article encore une fois! Même si je commence à être habituée aux CP je lis toujours avec intérêt tes articles et réflexions sur la lecture. Merci pour ton partage!

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    • 30 août 2017 à 18:21
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      Merci Flavie et bonne rentrée !

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  • 31 août 2017 à 15:54
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    Merci pour cet article. J’utilise Pilotis depuis l’an passé. J’ai beaucoup aimé et j’ai beaucoup utilisé tes documents. Je suis contente que tu m’aides avec cet article à expliquer la lecture aux parents. Ils sont toujours tellement inquiets. 😉
    Super tes nouvelles affiches de sons ! Le signe BM me manquait sur les anciennes. Je les avait rajouté mais ce n’était pas terrible.
    Bonne rentrée à toi.

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  • 4 septembre 2017 à 21:55
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    Merci beaucoup pour ton tout ton travail. J’ai une classe de GS/CP un jour par semaine et je dois faire la phonologie avec le manuel Pilotis, je découvre la méthode et le niveau. J’ai encore du mal à voir comment je vais m’organiser avec les 2 niveaux pour faire de la phonologie mais tes documents m’aident beaucoup.
    Bonne rentrée

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  • 6 septembre 2017 à 12:20
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    Bravo ,ton site est une mine d’or !je viens de lire ta préparation pour l’étude du code:peux-tu m’expliquer le jeu de l’ascenseur,la planète des mots bizarres?Merci

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    • 6 septembre 2017 à 13:59
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      Merci !
      Ces deux activités sont présentées dans le guide du maître Pilotis.
      Le jeu de l’ascenseur se déroule au tableau à l’aide des cartes-sons aimantées. On affiche les sons-voyelles appris les uns sous les autres (par exemple : a, i, y, o), puis un son consonne à gauche des sons voyelles (par exemple : s). On déplace ce son afin de former des syllabes que les enfants lisent (sa, si, sy, so), puis on inverse. On place le son consonne à droite pour lire des syllabes inverses (as, is, ys, os).
      Les mots bizarres de la planète bizarre sont des pseudo-mots pour s’entraîner à déchiffrer : ralu, chalo, arli,…

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