Loup, qui es-tu ?

En mars, ma classe va commencer à découvrir Rouge ! l’album d’Alice Brière-Haquet et Elise Carpentier. Autour de cet album, les années passées, j’ai exploité les thèmes des parodies de contes puis du Petit Chaperon rouge. Cette année, j’ai fait une recherche sur un personnage récurrent de la littérature de jeunesse : le loup.

Le loup, et la frayeur qu’il engendre, peuple notre imaginaire depuis l’enfance. Et ce sont toutes ces peurs, mises à distance dans la littérature de jeunesse par une bonne dose d’humour, que nous pouvons découvrir à travers les albums. Prom’nons-nous dans les bois…

La première étape de notre voyage au pays des loups nous permettra de construire l’image archétype du loup dans les contes traditionnels les plus connus que sont Le petit Chaperon rouge, Les trois petits cochons et Le loup et les sept chevreaux. A la suite de ces lectures offertes, on s’interrogera sur l’image du loup dans ces contes anciens, celle d’un animal à l’appétit insatiable qui effraye et terrorise tout ce qui est petit, mignon ou faible comme un enfant, un chevreau ou une grand-mère…

A partir de ces contes traditionnels, Geoffroy de Pennart et Mario Ramos ont créé des parodies désopilantes qui nous permettent de nous moquer un peu de ce prédateur impitoyable que les contes traditionnels nous dépeignent. Et j’ai évoqué ces « salades de contes » dans l’article qui leur est consacré Le petit Chaperon rouge.

Le grand méchant loup

L’une des caractéristiques du loup est qu’il fait peur, entre autre parce qu’il a la réputation d’avoir un solide appétit. Le loup dévore les moutons, les agneaux, et les animaux de la forêt le craignent tous. Les enfants s’identifient alors à tous ces petits animaux sans défense. Dans Le loup qui mangeait n’importe quoi et Le plus féroce des loups, on retrouve ce dévoreur insatiable. Mais c’est avec beaucoup d’humour que ce trait de caractère est tourné en dérision.

Loup noir est un magnifique album sans texte, en noir et blanc, qui met en valeur des paysages de forêt enneigée et une ambiance pesante, inquiétante. La fin est très belle quand le loup, qui semblait être un dangereux ennemi, se révèle être un ami et un sauveur.

Olga Lecaye est l’auteure de Didi Bonbon et Docteur Loup. Elle sait mieux que personne donner à ses illustrations une lueur terrifiante et, dans la pénombre, L’ogre-Loup de Didi Bonbon, qui rappelle le terrible mythe du loup-garou, est saisissant lorsqu’il montre ses crocs pour dévorer l’adorable petite souris experte en botanique. C’est par la ruse et par ses connaissances qu’elle réussit à endormir son ogre qui rêvait de déguster une Didi Bonbon bien sucrée.

Dans ces deux albums, le suspense est bel et bien présent jusqu’à la dernière page. On y affronte cette peur du loup qui nous tenaille, mais le loup s’avère être un guérisseur dans Docteur Loup et une grand-mère bienveillante dans Grand-mère Loup, qui es-tu ?

Voici encore deux albums où le loup restera sur sa faim après avoir adopté un régime très strict. Un loup dans le potager nous conte l’histoire d’un loup affamé qui décide de faire son potager et devient végétarien ; quant à l’album d’Anaïs Vaugelade, Une soupe au caillou, il y règne une dangereuse ambiance autour d’une mystérieuse recette qu’aucun des convives ne dégustera finalement.

Et si on riait de nos peurs ?

Je vous ai déjà parlé de Oh là là ! qui raconte avec beaucoup d’humour, dans un album où s’entremêlent récit et bulles de BD, la mésaventure d’un pauvre loup amnésique. Quant au loup de Philippe Corentin, naïf et ridicule, il devient le dindon de la farce dans Plouf ! et Patatras !

J’ai découvert les albums de Laëtitia Le Saux et Stéphane Servant avec Boucle d’Ours que j’ai lu à mes élèves dans le parcours littéraire sur l’ours, Un monde d’ours et j’adore ces auteurs ! Non seulement les illustrations sont originales et riches, mais les histoires sont aussi des critiques subtiles de notre société et de ses travers : sexisme, consumérisme, illettrisme… Que de « -ismes », me direz-vous, mais la littérature est une si jolie façon d’aborder les maux de notre société, de façon drôle et décomplexée !

Un loup si humain !

Dans Loupiotte et C’est pour mieux te manger !, les rôles s’inversent et notre loup devient très humain. Les enfants adorent cet échange des rôles mené avec beaucoup de drôlerie parce qu’il dédramatise l’image du loup, et ils apprécient tous les détails de la maison du loup dans les illustrations de C’est pour mieux te manger ! où l’amateur de petit cochon décore son intérieur comme il aimerait que son estomac se remplisse…

Le loup conteur, qui se déroule dans l’univers de la ferme, est l’une de ces histoires où le loup effraye dans un premier temps, pour ensuite être l’ami de tous, grâce à sa générosité et à son sens du partage. L’histoire rappelle Docteur Loup ou Grand-mère Loup, qui es-tu ? avec le thème de la lecture et de l’amour des livres en prime !

Partant de ce thème, nous pourrons bientôt découvrir Le loup qui n’aimait pas lire, le dernier album de la série Loup d’Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier, qui sort le 9 mars prochain et que j’ai déjà commandé, bien sûr, ne résistant pas à la découverte d’une nouvelle aventure de notre héros favori !

Comme dans Le loup qui n’aimait pas Noël, le loup ici n’aime pas lire, mais son problème va nous conduire, j’imagine, à découvrir tous les plaisirs et les avantages de la lecture ! Un nouvel opus à ne pas manquer en CP, donc.

Je termine ce tour d’horizon avec la lecture de documentaires sur Le loup, bien adapté aux enfants de GS-CP, des collections Découvertes Gallimard et Les Docs Ribambelle.  Et, en lien avec l’éducation musicale, le très bel album, sorti en 2014 qui renouvelle l’écoute de l’oeuvre de Sergueï Prokofiev, Pierre et le loup, pour mieux nous initier à la musique et aux familles d’instruments.

8 pensées sur “Loup, qui es-tu ?

  • 1 mars 2017 à 20:08
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    Toujours très impressionnée par le contenu de tes articles Chat noir, quel boulot (de fond et de forme) ! J’aime beaucoup cette synthèse qui me servira certainement l’année prochaine !

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    • 1 mars 2017 à 20:42
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      Merci beaucoup Zelianne ! En fait, ces articles sur les parcours littéraires sont ceux que je mets le plus de temps à écrire et mettre en forme mais c’est un peu le « fil rouge » de mon blog. Régulièrement, je trouve des thèmes autour desquels regrouper les albums que j’apprécie le plus et j’aime présenter et faire connaître ces albums. Bizarrement, ce sont ces articles que je préfère rédiger qui sont les moins commentés… mais tant pis ! 😉
      Alors, l’an prochain tu étudieras un album sur le loup ? Peut-être as-tu l’intention d’adopter les albums Trampoline ?

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  • 2 mars 2017 à 18:19
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    superbe article !!!! merci chat noir.
    J’ajouterais  » le loup arrive ! »Elizabeth Mac Donald ….on y revise les noms des animaux de la ferme, des lieux d’habitation et des petits ; belles illustrations
    structure répétitives
    les trois petits loups et le méchant cochon Eugène Trivizas

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    • 3 mars 2017 à 12:58
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      Merci beaucoup pour ce commentaire et cette nouvelle référence, Mr Darcy ! 😉

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  • 3 mars 2017 à 20:03
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    J’adhère totalement !!! merci pour ce travail précieux!!!! et longue vie au chat noir!!!

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    • 3 mars 2017 à 20:26
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      Merci ! Un long week-end, ça ne sera déjà pas si mal. .. ! 😉

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